



| Jean-Baptiste Ganne |
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Pour L.F.D.A. 02.Le Capital Illustré et El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha Le Capital Illustré Exemple pertinent de son travail sur la revalorisation de l’image comme vecteur de sens, Le Capital Illustré de Jean-Baptiste Ganne se présente à la fois sous la forme d’un livre, publié en 2000 aux éditions Incertain Sens/Galerie Françoise Vigna puis en 2003 aux éditions Fotohof en allemand et en anglais, et sous la forme d’un ensemble de photographies en couleurs au format moyen destiné aux expositions. Dans ce projet débuté en 1998, Le Capital de Karl Marx (1867) sert de synopsis pour rendre compte du « spectacle du capitalisme contemporain ». S’apparentant aux produits du photoreportage, chaque photographie représente une situation, un événement pris sur le vif et est mise en correspondance avec un chapitre, une section et un paragraphe précis de l’ouvrage inachevé de Marx. Embouteillages de voitures, défilé de mannequins, rassemblement de personnes dans un hippodrome, intérieurs de bureaux, etc. : si, considérées hors contexte, ces images ne sont que des représentations ordinaires de la vie moderne, des prises de vue hic et nunc de la réalité contemporaine, formant comme un ensemble de photographies de genre dépourvues de profondeur et de lien signifiant, leur affiliation au texte de Marx les transforme en illustrations exemplaires démontrant l’actualité de son analyse sur les systèmes économique et marchand. En leur conférant à nouveau un sens, Jean-Baptiste Ganne délivre l’image du statut appauvrissant qui lui est aujourd’hui souvent associé : celui d’objet de consommation. [M. A.] El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha À partir du 23 avril 2009, se lira, en code morse lumineux et en espagnol, sous la coupole du grand palais à Paris, l’ensemble du « Don Quijote » de Cervantès. Essentiellement visible la nuit, cette lecture pendant environ quarante jours, transforme en phare bavard la partie supérieure de la coupole, alternant signes brefs et longs. L’architecture devient l’outil du langage et non plus le réceptacle de ce qui se montre. La voilà loquace. Le premier grand roman moderne se lit à la vitesse même de la vie qui se déroule à ses pieds. Sous cette coupole, la lumière rougit la verrière comme un battement irrégulier pour toutes les Dulcinée qui courent la ville, en égrenant le récit incompris d’aventures rêvées. Redire le Quichotte, non seulement car il serait le grand Roman de l’illusion qui fonde l’occident mais le redire en longueur comme l’illusion d’un Roman qui s’écrit en se disant. Et donc re-écrire les illusions de la vie qui peuplent la ville, les écrire au moment même où elles adviennent. Faire un livre en lumière qui (d)écrit le grand récit, celui qui porte tous les autres, les personnels et les singuliers, et faire un livre en lumière qui se dit comme ce qu’il est, juste une suite de signes. L’ingénieux Hidalgo transforme la réalité en signe et sa vie en livre. La lecture de ce livre-vie transforme le signe en une réalité rougeoyante dans le ciel de Paris. Parfois brève, parfois longue. [Jean-Baptiste Ganne] Post-Scriptum Jean-Baptiste GanneCollectionneur « d’images faibles », stéréotypées, dénuées de signification et de style spécifique, Jean-Baptiste Ganne travaille sur la revalorisation de l’image comme possible vecteur de sens. Retouchant ses propres photographies et les associant à des événements historiques, l’artiste en propose une lecture nouvelle et signifiante. Ce faisant, il réintroduit l’image dans le champ de l’informatif, au même titre qu’un discours ou qu’un texte, sans jamais omettre cependant d’en révéler le caractère précaire et manipulateur. [M. A.] Jean-Baptiste Ganne est né en 1972 à Gardanne.
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