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Didier Marcel

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Pour L.F.D.A. 02

Fidèle à ses intrusions de fragments de nature dans l’espace d’exposition, Didier Marcel présente ses récents « Phoenix canariensis ». Palmiers reconnus pour leur facilité d’adaptation à presque tous les milieux et pour leur grande beauté, ceux de Didier Marcel proviennent des Jardins de la Petite Afrique à Monaco. Après les avoir moulés et transférés dans son atelier, les palmiers, s’ils ont été littéralement copiés de la nature, ont pourtant complètement changé de nature : découpés pour qu’il n’en subsiste que les troncs, les moulages en résine sont sertis de bagues en acier et recouverts d’un flocage blanc.

A la fois réels, car on les identifie aisément comme des fragments d’arbres, et irréels par le traitement industriel dont ils ont été l’objet, ils sont présentés couchés à l’horizontale sur d’élégants pieds en acier, formant les motifs structuraux d’un nouveau paysage qui s’établit, cette fois-ci, dans le champ de l’art. Si les romantiques s’étaient épris de la nature comme profusion désordonnée et sacrée, ici, c’est à une nature construite et régulée par l’homme que se réfère l’artiste, reprenant à son compte certains de ses éléments pour créer à son tour son occupation bien réglée de l’espace.

Les éléments encore plus incongrus de ce nouveau paysage sont des moulages de fragments de terre fraîchement labourée que Didier Marcel présente accrochés au mur et strictement cadrés. Ces formes polygonales irrégulières sont présentées comme des tableaux (shaped canevas) sur des murs obliques et produisent un effet de basculement de l’espace de présentation en opérant par un jeu d’inversion : palmiers horizontaux et labours verticaux. L’ensemble propose une réflexion sur le motif dans la sculpture ornementale.

[M. A.]

Didier Marcel

A partir de la déréalisation d’éléments issus d’environnements ruraux ou urbains, Didier Marcel s’emploie à recréer dans l’espace neutre et aseptisé du white cube, un paysage abstrait et ornemental, harmonieux et coloré. Déracinés, moulés, reproduits en diverses matières industrielles et exposés sur socles tournants, ses troncs d’arbre, motocyclettes, maquettes de maison ou fragments de champ labouré deviennent les éléments d’un décor savamment mis en scène, conviant le spectateur à une nouvelle appréhension de l’objet et de l’espace dans lequel il évolue.

[M. A.]

Didier Marcel est né en 1961 à Besançon.
Il vit et travaille à Dijon.

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Didier Marcel
Sans titre, 2000
Vue de l’exposition 'S(cultures)', Musée d’Art moderne et contemporain, Strasbourg, 2006

 
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