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Boris Achour

Les Résidents

 

Pour L.F.D.A. 02.

L’une des entrées possibles dans l’oeuvre de Boris Achour est une installation intitulée Générique (2000). Ce dispositif conçu en vue de la réalisation d’un film, un monologue servi par différentes voix, texte-bible mêlant articles, extraits d’ouvrages et paroles de chansons, invitait le spectateur à interpréter les différents textes, le tout dans le décor d’une sitcom indéfiniment en tournage.

Avant d’en arriver à la proposition de La Force de l’Art, on se doit d’évoquer l’étape au beau titre Jouer avec les choses mortes, donnée aux Laboratoires d’Aubervilliers en 2003. Là, des sculptures / accessoires investissaient l’espace théâtralisé, lequel s’avérait à la fois une scène, un paysage et de nouveau un lieu de tournage. Un film, projeté sur un écran intégré à l’exposition, présente cinq comédiens-mimes-danseurs manipulant ces sculptures de manière aussi séduisante qu’ésotérique.

En 2008, avec Conatus : AMIDSUMMERNIGHTSDREAM et Conatus : A Forest, Boris Achour développe ces articulations entre film, sculpture et espace, y intégrant de manière encore plus flagrante éléments chorégraphiques, érotiques et rituels. Au Grand Palais, Boris Achour poursuit cet étrange chantier. Une chambre regroupe des sculptures et un film tourné de nuit dans le bâtiment. On y voit un danseur de claquettes portant un masque luminescent arpenter l’exposition, contempler et éclairer les oeuvres, glisser dans l’espace vide. Toujours cette idée d’un cinéma rêvé, réalisé sous forme de bribes, de réminiscences et de fantasmes.

Boris Achour

Le travail de Boris Achour, de ses performances (Actions-peu, 1993-97) à ses plus récentes sculptures, vidéos et installations, s’emploie à dénoncer les habitudes sociales et convenues du spectateur. En jouant sur ses attentes et sur sa déception, il met en exergue les structures figées d’un imaginaire qu’il pense « formaté ». Procédant par inversion d’énoncés, sa démarche se veut être une « guérilla douce » qui, en bouleversant notre perception ordinaire des choses, ouvre avec humour le monde au champ infini du possible. [M. A.]

Boris Achour est né en 1966 à Marseille.
Il vit et travaille à Paris.

Cliquez pour agrandir

Boris Achour
Conatus 2006
à la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

 
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