



| Gérard Collin Thiébaut au Musée du Louvre |
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Du 30 avril au 1er juin.
Gérard Collin-Thiébaut réalise ses deux premières Transcriptions en 1972. Il s’agit de Femme au chapeau (1935) de Picasso, et de Icare (1943) de Matisse. L’artiste « transcrit » les tableaux des deux grands maîtres de la modernité, en les reproduisant sous forme de puzzle : « Comme tout artiste peintre, je m’impose ces séances de peinture quotidienne dans mon atelier », explique Gérard Collin-Thiébaut, avant de préciser : « A ceci près que le petit outillage traditionnel et la matière première sont remplacés par un puzzle, acheté dans le commerce ». Ironisant sur son propre statut d’artiste contemporain, sa manière de procéder inévitablement et résolument conceptuelle, Gérard Collin-Thiébaut remplace symboliquement la pratique picturale par l’assemblage de copies de « chef d’oeuvres » de l’histoire de l’art, par la recomposition minutieuse et à l’identique de leurs reproductions à des fins commerciales. Ainsi, si la Femme au chapeau de Picasso (60 × 50 cm) est une oeuvre originale, unique et intouchable, conservée dans le musée comme monument d’une tradition picturale à jamais révolue, sa Transcription en format réduit (14,8 × 10,4 cm), est à la fois un produit industriel a priori sans valeur artistique, et le fruit d’un travail d’artiste, « fait de main d’homme ». Dans le cadre de sa participation à La Force de l’Art 02, Gérard Collin-Thiébaut présente cinq Transcriptions, réalisées entre 1989 et 2008 par lui-même ou par « son atelier », qu’on pourra découvrir dans les salles du Musée du Louvre à côté des originaux d’Eugène Delacroix, Véronèse, Georges de la Tour, Giuseppe Arcimboldo et Jean Auguste Dominique Ingres. Gérard Collin-Thiébaut L’œuvre de Gérard Collin-Thiébaut s’emploie à valoriser l’inutilité du faire. De ses multiples catalogues d’objets insignifiants et d’images extraites de films ou de magazines, à ses copies mot pour mot de chefs d’œuvre littéraires entiers ou ses réalisations de puzzles représentant des tableaux de maîtres, l’artiste interroge le statut de l’œuvre d’art et, en s’appropriant certaines pratiques muséales, s’attache à rendre compte des procédés de conservation, de présentation et de diffusion de l’art actuel. Exposée dans de nombreux musées français et étrangers, l’œuvre de Gérard Collin-Thiébaut a également donné lieu à plusieurs interventions dans l’espace public comme lors de la mise en vente de ses carnets d’images via un horodateur. [V. Th.]
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