



| Daniel Buren, au Grand Palais |
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Du 24 avril au 1er juin.
Le dispositif proposé par Daniel Buren dans le cadre du programme Les Visiteurs (artistes invités à réaliser des projets dans des lieux symboliques de la capitale) se tient au Grand Palais. Ou plutôt au seuil de son entrée, sur la grande façade vitrée de la nef, que le public traverse avant d’entrer dans l‘espace de l’exposition, et qu’elle recouvre entièrement. Ce recouvrement est réalisé à partir de feuilles adhésives transparentes et colorées et de bandes blanches adhésives et opaques et occupe la totalité des 300m2 de la surface vitrée, soit environ 38 mètres sur 8 mètres. Ce dispositif bidimensionnel est conçu pour être traversé par la lumière du soleil et projette les formes de couleur dans l’ensemble du hall d’entrée de la grande nef, utilisant ainsi tout cet espace de façon tridimensionnelle et intégrant les visiteurs dans la couleur de l’œuvre. Daniel Buren Daniel Buren n’a-t-il jamais été qu’un « visiteur » ? La notion d’in situ, à laquelle il a précocement associé son art, le soumet à un protocole pour lequel sa place et, par là, sa forme ne peuvent être définies par avance. Le sens de l’adaptation, l’art de la réponse en constituent les ressorts intimes. Cette ductilité, cette disponibilité l’ont conduit à expérimenter des supports, par eux-mêmes instables et fragiles, nomades, tels les drapeaux ou encore le miroir. La contradiction, qui voit les formes apparemment rigides de Daniel Buren se superposer aux éléments les plus erratiques et précaires, rapproche son œuvre du projet des jardiniers de l’âge classique, attachés comme lui à structurer les formes et les phénomènes les plus erratiques, à leur imposer l’ordre improbable de la couleur, à celui, plus autoritaire, de la forme. |